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COULEURS-TREVOU.over-blog.com

Ce blog est entièrement consacré aux oeuvres peintes de Michel LE PEUC'H. Vous découvrirez ici des peintures ayant pour point de départ la géologie (GEOLOGY PAINTINGS). Ces peintures explorent des sites géologiques bretons. Il s'agit de se rapprocher au plus près de la naissance de l'univers. La Bretagne, avec des roches qui remontent pour les plus anciennes à 2 milliards d'années, le permet. D'autres peintures encore ont pour point de départ le festival du chant de marin à Paimpol (reflets dans l'eau : « lumières du port » mais aussi «Nuit en fête » : les lumières de la nuit au délà du visible. Vous découvrirez également quelques-une de mes premières peintures depuis le commencement au Manoir de Balloré à Trévou-Tréguignec. Bonne visite. MICHEL LE PEUC'H

EXPOSITION A TRAOU-NEZ A PLOURIVO

Publié le 7 Août 2014 par Michel LE PEUC'H

« Dans la lumière de l’eau et de l’arbre »

Peintures de MICHEL LE PEUC’H

Jusqu’au 14 septembre 2014

« MAISON DE L’ESTUAIRE » à Plourivo

Ma dernière exposition publique dans la région de Paimpol remonte à 2008. A l’époque j’ai présenté « Les songes du volcan » un travail inspiré par les formations géologiques de Guilben.

Ce travail s’est poursuivi dans les anciennes carrières à Kérity.

Et en particulier, celle où un petit étang à pris place au pied du front de taille. Ces carrières ont toute une histoire avec leur passé industriel pour extraire de leurs flancs la pierre. Une pierre aux multiples textures venues du chaos et arrachées à la terre par les tirs de mine. Une pierre qui a balisé les chemins et construit les maisons. D’abord creusées dans la forêt de la vallée du Danet, ces carrières ont toujours ici entretenu la vie. Une vie de labeur pour le dernier des carriers, un brin nostalgique depuis que sa carrière s’est brutalement refermée. La nature végétale a repris sa route là où elle s’était arrêtée, sur la paroi rocheuse colorée par les rayons du soir. Un monde en train de naître avec la pousse des lichens et le retour des arbres. Le lieu s’est apaisé. L’eau a trouvé ici un refuge. Un petit étang plein de vie et de carpes reflète la lumière comme un miroir pour la renaissante verdure. Après l’enfer, c’est ici que le carrier a trouvé « le paradis ».

Plusieurs toiles de cette exposition sont nées à partir de là. Un travail sur la lumière, la couleur, les reflets dans l’eau. « L’Art, c’est la vérité du sentir » disait Henri Maldiney.

Le philosophe est mort à 101 ans en décembre dernier. Il a transformé ma manière de peindre. A la lecture de son œuvre, j’ai appris que l’artiste ne regardait pas le monde avec un œil extérieur, « il est dans le monde ». Il communique avec le monde de façon consciente et inconsciente. Il s’ouvre au monde comme le monde s’ouvre à lui. A travers son œuvre, il révèle les termes de cette communication avec le monde et ainsi il existe. « Exister, c’est avoir sa tenue hors de » explique Maldiney. Le philosophe lie avec force « Art et Existence ». Il ne s’agit donc pas de reproduire le monde (qui revient à le produire une seconde fois) mais de créer. Avant de commencer à travailler l’artiste n’a aucune idée de ce que sera son œuvre.

La philosophie de Maldiney rejette toute idée de projet.

C’est, fort de cet enseignement, que j’ai travaillé sur les reflets dans l’eau au Festival du Chant de Marin à Paimpol. Pendant cette période les lumières du port s’animent de multiples couleurs qu’il faut savoir apprécier à leur juste valeur. La lumière dessine à la surface de l’eau des lignes en perpétuel mouvement.

Des milliers de dessins enregistrés au moyen d’un appareil numérique. Merveilleuse invention qui permet de voir ce que l’œil humain n’avait jamais vu ou même encore imaginé. Il permet de soulever le voile de l'apparente réalité. Les vues sont retravaillées à l’ordinateur pour révéler ce qui se cache au fond de ces lumières. Les clichés ainsi obtenus sont des motifs à peindre. Inutile de s’en cacher, les grands peintres de la Renaissance ont, en leur temps, usé de moyens mécaniques. Le peintre anglais David Hockney l’a brillamment démontré. Nul ne le conteste aujourd’hui.

Je conserve aujourd’hui une importante collection de clichés pris lors des éditions successives du festival du Chant de Marin. D’imposantes toiles sont nées de ce travail. Ce n’est pas une volonté au départ mais elles permettent in-fine au spectateur d’être dans la toile comme le peintre est dans le monde au moment où il crée. Lumière de l’eau mais aussi lumière de l’arbre, j’ai travaillé aussi dans la vallée du moulin à Trévou-Tréguignec. Rayons de soleil passés au filtre des arbres le long de l’étang. Une grande richesse de couleurs une fois de plus.

Mon parti est celui de la couleur. C’est Gilles Deleuze, encore un philosophe, qui m’a conforté dans ce choix. Dans ses entretiens dits « posthumes », il explique que Van Gogh et Gauguin sont devenus de grands artistes lorsqu’ils ont abandonné « les couleurs patates » de leurs débuts. Gauguin, lui-même, revendiquait « le droit de tout oser ». Donc, il faut oser la couleur…..

Michel Le Peuc’h

Pratique :

Exposition visible gratuitement jusqu’au 14 septembre 2014

« Maison de l’Estuaire »

TRAOU-NEZ à Plourivo (Accessible par « La Vapeur du Trieux » !!!)

Tous les jours, sauf le lundi de 15 h à 18 h jusqu’au 31 août

Puis le mercredi, samedi et dimanche du 1er au 14 septembre.

Tél : 02.96.55.96.79

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